Copyright © Daniela Lorini All rights reserved

Statement

Regarder non plus avec les yeux mais avec les oreilles, c’est repenser notre paradigme anthropocentrique et percevoir diffĂ©remment le monde qui nous entoure : celui dont nous faisons partie et que nous sommes. Mon travail s’attache beaucoup aux rapports de l’homme Ă  la nature et Ă  son interaction avec celle-ci. Si chaque ĂŞtre vivant vit dans la vie de l’autre* il me paraĂ®t essentiel de chercher Ă  montrer dans mes Ĺ“uvres ce jeu d’interactions complexes, ces Ă©quilibres qui se font et se dĂ©font dans une recherche perpĂ©tuelle d’harmonie, laquelle apparaĂ®t aujourd’hui bien fragile.

En tant qu’architecte de formation, j’aime beaucoup composer avec les espaces, les dimensions et la lumière. Je les mets en scène dans des installations à grande échelle qui me permettent de concevoir des installations artistiques à fort impact visuel. J’utilise également beaucoup le son dans mon travail car il permet de se distancer de l’approche principalement analytique et réfléchie du regard pour entrer dans une dimension plus immédiate et sensorielle en sollicitant l’ouïe.

Par ailleurs, dans une dĂ©marche de recherche artistique sur des thĂ©matiques qui me tiennent Ă  cĹ“urs tels que la perte de la biodiversitĂ©, la production excessive des dĂ©chets ou encore la complexitĂ© de l’empathie, je m’intĂ©resse Ă  la collaboration interdisciplinaire et au mĂ©lange de technologie et de matĂ©riaux naturels. Curieuse du rapport au temps de la nature, je soumets volontiers les matĂ©riaux que j’utilise Ă  des processus biologiques et chimiques d’altĂ©ration et de dĂ©composition pour en faire ressortir des textures visuelles ou sonores tĂ©moignant de ce renouvellement perpĂ©tuel du vivant.

* COCCIA Emmanuele, La vie des plantes : une métaphysique du mélange, Bibliothéque Rivages, 2016.